Le 11 historique de l’AC Arles

La crème de la crème arlésienne est là, avec un arrière-goût de pastis et de sangria frelatée. Si écrire un onze anal paraissait franchement plus facile à établir (sur les 2 dernières saisons, y a de quoi tripler les postes), la rédaction de ce onze ultime a été plus difficile que je pouvais l’imaginer. En effet, après dix minutes de recherche, je me suis retrouvé avec une palanquée de noms, surtout des gardiens et des attaquants d’ailleurs. Du coup, mon système tactique résolument offensif (4-1-2-3) part dans tous les sens mais c’est ça qu’est bon ! Comme je suis brave, je vous ai aussi mijoté un staff technique aux oignons. Et en cadeau bonus : un arbitre de finale de Coupe du Monde !

Gardien

Alain Dessons (1970-1978) : 305 matches sous le maillot acéiste, ça fait une belle carte de visite ! Né en 1939 en banlieue parisienne, à Villiers-Le-Bel, Dessons a été international espoir et a joué près de 250 matches avec le SO Montpellier, ancêtre de La Paillade. En plus d’avoir gardé la cage des Lions, il a également entraîné l’ACA de 1974 à 1978 puis de 1986 à 1992. En hommage à sa carrière, un terrain de la nouvelle Plaine des Sports porte son nom.

Remplaçant

Marcel Domingo (1939-1944) : gardien de but attitré de l’AC Arles de guerre, équipe créée de la fusion entre le « Club Ouvrier » et le « Sports Cheminots », Marcel Domingo a connu une brillante carrière, en France (Nice, Stade Français, Marseille) mais surtout en Espagne. Double vainqueur du Trophée Zamora en 1949 (Atlético de Madrid) et en 1953 (Espanyol), Domingo a également une sélection à son compteur (contre l’Italie en 1948). De plus, il a été le tout premier entraîneur étranger à avoir remporté le titre de Champion d’Espagne (avec l’Atlético de Madrid en 1970). Il est décédé le 10 décembre 2010, à l’âge de 86 ans.

Sans oublier

Magno Macedo Novaes (2007-2008) : formé à Corinthians et arrivé au Stade Fournier en provenance de Moulins, le Brésilien a laissé un souvenir impérissable chez les supporters. Spectaculaire et bonnard, Novaes a été un artisan majeur du maintien d’Arles lors de notre première saison en National (8ème). Cerise sur le gâteau, c’est lui qui a inscrit le tir au but décisif en 1/16 de finale de Coupe de France contre Niort, au terme d’un match crispant. Depuis, il est le guarda redes du Sporting Bastia.

Cyril Merville (2009-2011) : arrivé en provenance de Troyes, le natif d’Amiens a été le taulier de l’arrière-garde acéiste lors de notre saison parfaite en Ligue 2. Elu meilleur gardien de la saison 2009-2010 par France Football, ce qui vaut légèrement plus qu’un vulgaire trophée UNFP, Merville est mis au placard après quelques matches en Ligue 1 au profit de Vincent Planté. Une bien belle connerie. Désormais, il joue à Nîmes. Le pauvre.

Arrière droit

Allan Nyom (2008-2009) : lui, dès qu’on l’a vu, on a compris. Sur le côté droit, il a été énorme. Incompris à Nancy, certainement car il franchissait la ligne médiane, Nyom a véritablement lancé sa carrière à Fournier. Forcément, un tel talent ne pouvait rester longtemps chez nous. Au terme de la saison, il signa avec l’Udinese. S’il n’a jamais joué avec les Frioulans avec qui il est toujours sous contrat, il a en revanche participé à la montée de Granada et joue régulièrement en Liga.

Défenseurs centraux

Robert Joubert (1939- ) : capitaine en pupilles, en minimes, en cadets, en juniors, en D3 et en D2 ! C’est lui qui était dans les bois quand le club est monté en Division 2, en 1976. Parmi ses coéquipiers figuraient Mengué Cissé et Patrick Chauvin, actuel président de l’association ACA. Au passage, Robert Joubert a été un des rares membres de la direction à ne pas avoir baissé son pantalon devant Avignon.

Gaël Givet : fruit de la formation arlésienne, Givet n’a jamais joué en pro chez nous. Né à Mouriès, un bled situé sur le territoire de la commune, il a fait partie de la même promo que Djib’ Cissé et Nanou Corrèze qui sont partis en centre de formation. Passé pro en 2001 avec Monaco, Givet a tout même joué une finale de Champion’s, fait partie du squad pour le Mondial 2006 et porté le paletot de l’OM. Pas trop mal comme CV.

Remplaçants

Daniel Charles-Alfred (1969-1970) : international français (4 sélections en 1964), le Martiniquais a évolué dix ans à Nîmes (1958-1968) puis une au SO Montpellier avant de rejoindre les Lions. Titulaire en défense centrale dans l’équipe dirigée par Louis Pons, il a fait partie, avec René Exbrayat, de l’équipe qui a atteint les 1/8 de finale de Coupe de France, éliminée par Limoges.

Jérémie Clément (2006-2010) : titulaire incontestable en CFA (22 matches) et en National (65 matches), le natif de Carpentras a été un des joueurs les plus appréciés par les supporters. Viré comme un malpropre, il est devenu le symbole du dégoût des supporters arlésiens pour la nouvelle direction. Après deux saisons au Paris FC, il évolue désormais au Red Star.

Arrière gauche

Gaël Germany (2008- ) : arrivé dans les bagages arlésiens après un match de Coupe de France en Martinique, Germany s’est vite imposé sur le flanc gauche acéiste. Alors qu’il est au quignon, il se pète les croisés à Rodez et reste éloigné des terrains pendant près d’un an. Au-delà de ses performances, c’est surtout son côté Survivor qui est admirable. En effet, il est le seul joueur arlésien qui a connu les montées en National et en Ligue 2 et qui est toujours là !

Remplaçant

Romain Elie (2009- ) : meilleur arrière gauche de National en 2007 (Boulogne) et en 2009 (Gueugnon), Elie n’a pas mis 107 ans à prouver sa valeur puisqu’il a été élu meilleur latéral gauche de L2 par France Football. Un background pas suffisant pour les ignares de la nouvelle direction qui l’expédia à Charleroi. Blessé pendant 6 mois, il est revenu chez les Lions cette saison et est apparu à dix reprises.

Milieu défensif

Nanou Corrèze (2005-2011) : pur produit maison, Corrèze est parti à l’OM avec guère de succès. Après deux expériences mitigées (Gazélec et Anvers), il rentre au pays et s’impose durablement au milieu, avec quelques piges côté gauche en L2. Symbole de ce fameux « esprit ACA », Nanou a connu toutes les montées du club, de la CFA2 à la L1 mais aussi les moments moins glorieux de la saison dernières. Comme beaucoup d’anciens Acéistes, il évolue maintenant à Nîmes.

Remplaçants

Thomas Ayasse (2009- ) : formé à Toulouse, il est arrivé pour renforcer le milieu de terrain arlésien après la montée en Ligue 2, fort de deux saisons pleines à Reims (34 matches) et à Cannes (35 matches). Remarquable d’abnégation, il a été l’un des joueurs majeurs de Coach Estevan en Ligue 2. En plus, il a un cerveau, chose assez rare dans le football pour être soulignée.

Sébastien Piocelle (2009-2011) : paumé en Italie à la Juve Stabia, Piopio est intronisé capitaine dès son arrivée à Arles par Coach Estevan. Taulier de la maison jaune et bleu, l’ancien Nantais revit. En revanche, son retour en L1 n’est pas vraiment idyllique : il lâche le brassard et s’engatse avec des supporters après une branlée contre Auxerre (0-5). S’il vit toujours à Arles, il joue aujourd’hui à…Nîmes. Evidemment.

Grégory Poirier (2004-2009) : buteur de la montée en National contre Gap (sûrement un des buts les plus pourris que j’ai vu : touche, rafale de Mistral, effleurement du cuir dans des cages vides), Poirier a joué un rôle essentiel pendant deux saisons, de 2007 à 2009 (68 matches ; 6 buts). Non conservé en Ligue 2 on ne sait trop pourquoi, il a joué à Nîmes (décidément) puis à Amiens, sans beaucoup de réussite.

Milieux offensifs

Benjamin Psaume (2008-2010) : si l’AC Arles a connu deux montées en deux ans, il le doit en grande partie à l’influence de Benji. Meilleur joueur de National, meilleur joueur de L2, Psaume a également les deux buts qui nous permis de monter contre Rodez et Clermont. Formé à Toulouse, international espoir, il n’a pas pu ou su franchir le cap en L1 où il n’a eu qu’un rôle de joker. Dommage, car son talent est indéniable, en témoignent les golazos qu’il a inscrit sous notre maillot. Passé proche de la porte au mois d’août 2010, il quitte finalement le club au mercato hivernal et joue maintenant à Troyes.

Andre Ayew (2009-2010) : managé de main de maître par Coach Estevan qui n’a pas hésité, malgré tout son talent, à lui offrir une place confortable sur le banc après le titre de champion du Monde U20 des Black Satellites ghanéens, Ayew a porté les Lions dans le money time, notamment face au Havre où il a planté un doublé dans les arrêts de jeu, dont un péno à la 95ème minute. Je vais la jouer chauvin mais Andre Ayew ne serait pas ce qu’il est actuellement sans l’AC Arles.

Remplaçant

Rémy Cabella (2010-2011) : l’unique bon recrutement de Marcel Salerno. Arrivé tout timide (juste l’inverse de ses pitreries au CFC), il a montré dès son premier entraînement toute l’étendue de son talent. Trop souvent blessé, il a été écarté une bonne partie de la saison par Hadzibegic qui n’aimait pas les joueurs de ballon mais préférait les bourrins. Auteur d’une bonne fin d’exercice, le Corse confirme avec Montpellier. Rare rayon de soleil de notre aventure en L1, Cabella nous a régalés.

Attaquants

Mengué Cissé (1973-1979) : joueur emblématique du football ivoirien des années 60 et 70, le père de Djibril et Abou a laissé de grands souvenirs à l’ACA que ce soit sur le pré mais aussi dans les vestiaires dans lequel il sacrifiait des poulets avant les matches. Comme quoi, le Ministère Ämer n’a rien inventé. Explosif et félin, Mangué Cissé était évidemment un buteur et a joué avec Patrick Chauvin et Robert Joubert, deux figures emblématiques du football arlésien. Il est décédé en 2009, à l’âge de 64 ans.

Djibril Cissé : à l’image de Givet, il n’a jamais joué en pro à l’ACA. Repéré par Nîmes en en 1997, il rejoint Auxerre la saison suivante avec le succès que l’on sait. Deux fois meilleur buteur de L1 en 2002 et 2004, une période où il fallait marquer plus de 20 cageots pour obtenir ce titre, international, vainqueur de la Champion’s avec Liverpool, Djib’ est certainement l’attaquant français avec le plus gros mental. Parce que revenir au niveau après deux fractures des guiboles et partir au Pao pour retrouver l’EdF, c’est sacrément costaud.

Avak Kayzakian (1939-1940) : d’origine arménienne, arrivé à Arles en 1930, il a fait partie de l’AC Arles de guerre mais il dut quitter l’équipe en août 1940 pour participer au STO. Agé de 91 ans, il est un survivant de cette équipe légendaire et a été décoré Chevalier de l’Ordre du Mérite en février 2011.

Remplaçants

René Exbrayat (1973-1984) : attaquant né à Arles, il a effectué toute sa carrière à l’ACA avant de devenir entraîneur, notamment au Club Africain en Tunisie. International amateur, il a joué près de 500 matches sous nos couleurs et est une référence en matière de formation. Un terrain de la Plaine des Sports porte son nom.

Samir Henaini (2008-2009) : arrivé en prêt de Sedan, le Varois n’a joué qu’une seule saison chez nous mais a fini meilleur buteur de National (37 matches, 21 buts : un record). Son binôme avec Psaume a fait des merveilles. Malheureusement, les Ardennais n’ont pas voulu nous le laisser. Mal utilisé (mettre sur le côté un joueur d’1m90, n’importe quoi), il a été prêté à Fréjus avant de partir à Dubai sans succès. Actuellement, il évolue à Fréjus Saint-Raphaël en National.

Kaba Diawara (2009-2011) : l’homme aux 2000 clubs, l’Eternel, celui qui m’a fait gueulé comme un putois quand il a inscrit un doublé contre Caen lors de notre première victoire en L1 !

Entraîneurs

Michel Estevan (2005-2010) : qui d’autre que Coach Estevan pour diriger cette équipe ? Ancien joueur arlésien, il prend l’équipe en main en 2005 à la demande de Patrick Chauvin. La suite, on la connaît. De la CFA 2 à la L1 en 5 ans, il a bâti une équipe hargneuse qui se dépouillait sur le terrain. Malgré sa réussite incroyable, Marcel Salerno et ses hommes lui ont immédiatement savonné la planche. Avec succès faut croire…

Jean-Louis Saez (1992-2005) : l’actuel patron de la réserve a été l’entraîneur de la « une » pendant…13 ans ! Une fidélité sans égale.

Louis Pons (1951-1955 et 1967-1973) : il succéda au Franco-hongrois Désiré Koranyi, joueur emblématique du FC Sète. A sa tête, l’ACA accéda au CFA en 1954. Par la suite, il dirigea l’équipe qui arriva en 1/8 de Coupe de France en 1970 et qui évolua pendant plusieurs en D2.

Arbitre

Maurice Guigue (1912-2011) : second arbitre français à avoir dirigé une finale de Coupe du Monde après Georges Capedville. C’était en 1958 en Suède lors de l’avènement d’un certain Pelé. Il a également arbitré la finale de la Coupe de France en 1956 (Sedan-Troyes) et une demi-finale de Coupe d’Europe (Real Madrid-Vasas).

François Miguel Boudet

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Un commentaire pour Le 11 historique de l’AC Arles

  1. robert JOUBERT dit :

    L’A C ARLES va fêter ses 100 ans, une grande fête est prévue à cette occasion, nous recherchons des informations sur le club et sur les anciens joueurs afin de les contacter pour qu’ils participent à cette grande fête. j’ai moi même pas mal d’info pour compléter ce blog qui sans aucun doute devrait intéresser les supporters de l’ACA.
    Ne pas hésiter à contacter le 0490961185 pour ceux qui souhaitent s’inscrire pour cette journée que nous souhaitons mémorable pour les ARLESIENS qui aiment ce club.

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